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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Société de Neuroendocrinologie

Zone de texte éditable et éditée et rééditée

Un appétit bon pour la santé existe-t-il ?

Dr Simon M Luckman School of Biological Sciences, University of Manchester, Manchester, UK

Résumé

Puisque nous devons vivre, grandir et nous reproduire, l'évolution nous a, sans surprise, équipé d'un système efficace pour chercher la nourriture et pour la dévorer. Si ce n'est pas suffisant, nos émotions hédoniques font que manger et boire sont une expérience qui donne du plaisir. Donc, quoi dire pour nous empêcher de manger? Avons-nous développé des systèmes pour le faire efficacement ? Les problèmes d'excès de poids et d'obésité étant en augmentation continue suggèrent que non.¨

"Une autre bouchée et j'explose"

Quand nous mangeons un repas nos corps ressentent ce qui est appelé une satiété gastrique. Les terminaisons nerveuses de l'estomac et de l'intestin qui agissent comme des récepteurs chimiques à distance, envoient des signaux électriques à la partie la plus basse du cerveau, le tronc cérébral. L'information est traitée par le tronc cérébral et ses connections réciproques avec le tube digestif agissent pour contrôler le niveau de nourriture qui traverse l'estomac, mais aussi pour activer d'autres connections nerveuses qui stopperont l'acte alimentaire et termineront le repas. Le tronc cérébral peut induire ces fonctions sans que la sensation de satiété ait atteint notre conscience. Cependant, ce mécanisme existe aussi pour protéger le corps de l'ingestion de quelque chose de néfaste ou simplement pour ne pas manger trop. La mise en jeu des mêmes voies ou de voies parallèles induira nausée et vomissements répétés pour éjecter les produits délétères. Dans ces circonstances, nous sommes conscients de la sensation de plénitude ou de nausée, mais nous ne pouvons pas faire grand chose pour contrôler notre réponse réflexe.

Ces voies ne sont pas impliquées dans le maintien d'un poids corporel stable pas plus qu'elles ne gèrent la prise calorique aiguë. La stimulation artificielle du système qui activera le tronc cérébral causera une réduction de la taille du repas. Cependant, le corps compense alors la perte de prise alimentaire en initiant des repas plus nombreux. Ce mécanisme compensatoire a pour origine une région de la base du cerveau, l'hypothalamus.

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Notre conduite alimentaire innée est sous l'influence de nombreux signaux émis par le corps indiquant la satiété, nos réserves de graisses et surtout notre statut énergétique

Le poids corporel : un état étroitement équilibré

L'hypothalamus fonctionne pour contrôler le poids corporel en équilibrant la prise et les besoins énergétiques. Les régions de l'hypothalamus qui sont impliquées dans la régulation du poids corporel sont connues depuis quelque temps, mais c'est la découverte de l'hormone, la leptine qui a donné la clé pour ouvrir cette circuiterie complexe. La leptine est produite par le tissu adipeux où la plus grande partie des graisses est stockée, et son taux sanguin indique à l'hypothalamus le statut énergétique global du corps. La leptine ne varie pas avec les repas, mais est un indicateur à long terme du poids corporel. Les cellules nerveuses de l'hypothalamus intègrent les signaux énergétiques à long terme (leptine et autres hormones) avec des signaux à court terme qui concernent les changements de niveaux sanguins des nutriments (sucres et lipides), et aussi l'information venue du tronc cérébral à propos de la satiété. Pour équilibrer les réserves du corps, l'hypothalamus peut stimuler la dépense énergétique en activant le système nerveux périphérique. Ceci mobilisera les graisses stockées et les convertira en sucres utilisables qui pourront être brûlés comme combustible, de sorte que l'énergie sera perdue sous forme de chaleur.

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notre corps signale frénétiquement à l'hypothalamus que les stocks énergétiques sont complets...
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Né pour manger, pas pour se priver

La réaction de l'hypothalamus à l'excès de nutriments est comparable à la réponse "combattre ou fuir " engendrée par le stress. Mais ces mécanismes sont ils efficaces dans des situations telle que l'obésité, où une perte de poids est nécessaire de façon chronique ? Le concept de trop de nourriture est étranger à la plupart des animaux et aussi à la majorité de la race humaine. Il est donc raisonnable de suggérer que les systèmes qui sont requis pour perdre du poids à long terme, ne se sont pas développés. Donc les signaux hormonaux comme la leptine ne sont pas présents pour prévenir l'obésité mais c'est plutôt leur absence qui prévient d'un poids corporel bas. En mettant en jeu ces signaux, l'hypothalamus détermine si l'animal est prêt à d'autres fonctions, par exemple la reproduction et la croissance, qui seront suspendues chez un animal sous alimenté jusqu'à ce qu'un statut énergétique suffisant soit rétabli. De la même manière, il est probable que ces signaux sont nécessaires chez le jeune pour indiquer que le développement corporel est correct et pour permettre l'entrée dans la puberté.

Que faire avec la prise de poids ?

Il n'y a pas de doute qu'un appétit pour une diète équilibrée est bon pour la santé. Cependant, dans la société actuelle, atteindre ce rêve devient plus difficile. Il y a les quelques chanceux qui semblent rester minces sans effort tandis que, pour les autres, nos appétits sont délétères. Comme nous prenons du poids notre corps signale frénétiquement à l'hypothalamus que les stocks énergétiques sont complets mais ces signaux ne sont pas assez forts pour contrecarrer notre tendance innée à manger.

Donc, quel espoir pour le surpoids ? Il apparaît déjà qu'il y a peu de facteurs génétiques dans la population humaine, qui peuvent être isolés pour expliquer les cas individuels d'obésité et, donc, des interventions de remplacement rapide, peut-être par substitution d'un seul élément dans un mécanisme complexe, sont vraisemblablement vouer à l'échec. Il y a peut être une ribambelle de gènes qui, s'ils sont exprimés dans des rapports particuliers, conduiront un individu à prendre ou non du poids. Peut-être dans le futur, par la connaissance du profil génétique, nous serons capables de cibler vers les individus sensibles des traitements personnalisés et des programmes de style de vie. En vérité, notre meilleure chance serait de bloquer nos appétits délétères par la thérapeutique ou par l'éducation. Dans le même temps,avant que je rentre à la maison attaquer un souper riche en énergie et m'effondrer en face de la TV, mon conseil, et ma résolution personnelle, est de manger moins et de prendre plus d'exercice!

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les systèmes qui sont requis pour perdre du poids à long terme, ne se sont pas développés...
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Traduction : Arlette Burlet, Systèmes Neuromodulateurs des Comportements Ingestifs, Université Henri Poincaré, Nancy

Cette brève est produite par la British Society for Neuroendocrinology et peut être utilisée librement pour l'enseignement de la neuroendocrinologie et la communication vers le public.
©British Society for Neuroendocrinology et Société de Neuroendocrinologie pour la traduction.